Un an après le casse du 19 octobre 2025 au Louvre, les huit joyaux de la Couronne emportés dans la galerie d’Apollon restent introuvables. Derrière ces pièces disparues, c’est un siècle d’histoire de France qui manque à l’appel, des reines de la Restauration à l’impératrice Eugénie.
- Le 19 octobre 2025, huit bijoux du XIXe siècle ont été volés dans la galerie d’Apollon du Louvre.
- Un an plus tard, aucun n’a été retrouvé ; seule la couronne d’Eugénie, abandonnée dans la fuite, est revenue.
- Les pièces ont appartenu à Marie-Amélie, Hortense, Marie-Louise et Eugénie.
- Quatre suspects sont en détention, mais le sort du butin reste inconnu.
Plan de l'article
Où en est l’enquête, un an après le vol ? #
Le constat dressé par la cellule investigation de Radio France, publié par franceinfo le 19 octobre 2026, tient en une phrase : le casse a duré huit minutes, et les joyaux « restent introuvables à ce jour ».
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Selon un point d’étape publié le 12 octobre par Orange Actu (6Médias), à partir d’un reportage de TF1, quatre membres présumés du commando ont été interpellés et placés en détention. Deux reconnaissent les faits, mais affirment ignorer ce qu’est devenu le butin ; les deux autres nient.
La dernière trace connue des bijoux est un parking souterrain d’Aubervilliers, où des caméras ont filmé deux suspects casqués une heure après le vol. Les enquêteurs cherchent encore à savoir s’il existait un commanditaire, sans avoir pu le confirmer.
Quels joyaux ont disparu de la galerie d’Apollon ? #
Le ministère de la Culture avait publié la liste des pièces dès les jours suivant le vol, reprise avec leurs fiches d’inventaire par la revue d’art Finestre sull’Arte. Elles forment quatre ensembles, chacun rattaché à une souveraine.
Ces objets n’étaient pas de simples parures. Ils racontaient, vitrine après vitrine, la façon dont chaque régime du XIXe siècle a voulu se mettre en scène à travers ses reines et ses impératrices.
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La parure de saphirs des reines Marie-Amélie et Hortense
Trois pièces de cette parure ont été emportées : le diadème, le collier et une boucle d’oreille. Montés en or avec saphirs et diamants, le diadème et le collier sont datés du premier tiers du XIXe siècle.
Leur histoire traverse deux dynasties. Hortense de Beauharnais, fille de l’impératrice Joséphine et reine de Hollande, était la mère du futur Napoléon III. Marie-Amélie de Bourbon-Siciles fut l’épouse de Louis-Philippe, dernier roi des Français. Le même bijou relie ainsi l’Empire et la monarchie de Juillet.
Les émeraudes de l’impératrice Marie-Louise
Le collier d’émeraudes et la paire de boucles d’oreilles assorties ont été réalisés en 1810 par le joaillier François-Régnault Nitot. La date n’est pas anodine : c’est l’année du mariage de Napoléon Ier avec Marie-Louise d’Autriche.
La parure est donc un cadeau de noces impérial, pensé pour affirmer l’alliance entre la France napoléonienne et la maison de Habsbourg. Elle était l’un des rares témoins visibles de ce mariage politique dans les collections publiques.
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Les bijoux d’Eugénie, dernière impératrice des Français
Trois pièces du Second Empire complètent la liste : le diadème de l’impératrice Eugénie, signé Alexandre-Gabriel Lemonnier en 1853, l’année de son mariage avec Napoléon III ; le grand nœud de corsage, œuvre de François Kramer datée de 1855 ; et la broche dite « Reliquaire », réalisée par Paul-Alfred Bapst la même année.
Le diadème, en argent, diamants et perles, était l’une des images les plus connues du faste du Second Empire.
Pourquoi la couronne d’Eugénie a-t-elle échappé aux voleurs ? #
Dans leur fuite, les malfaiteurs ont laissé tomber la couronne de l’impératrice Eugénie. Le ministère de la Culture indiquait alors que son état était « en cours d’évaluation ». Un an plus tard, elle est la seule pièce revenue au musée.
D’après le point publié par Orange Actu, cette couronne, endommagée pendant la fuite, est désormais entre les mains d’experts chargés de sa restauration.
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Que risque ce patrimoine s’il n’est pas retrouvé ? #
C’est la grande crainte des historiens de l’art : que les pièces soient démontées. Des pierres desserties et des montures fondues deviendraient impossibles à identifier.
Dans ce cas, ce ne seraient pas seulement des diamants qui disparaîtraient, mais des objets historiques uniques. Une pierre isolée n’a plus rien à dire ; c’est la monture, le dessin du joaillier et le nom de la souveraine qui font d’un diadème un témoin de son époque.
Les joyaux de la galerie d’Apollon étaient déjà des survivants. La plupart des bijoux de la Couronne avaient été dispersés lors de la grande vente de 1887, voulue par la IIIe République pour tourner la page des monarchies. Ce qui en subsiste au Louvre a été patiemment réuni depuis.
Le Louvre a-t-il tiré les leçons du casse ? #
L’enquête de Radio France décrit une sécurité « toujours défaillante » : il manquait 17 agents dans les équipes d’accueil et de surveillance au moment du vol, et sept recrutements seulement ont eu lieu depuis. Des appels d’offres ont été lancés pour un nouveau réseau de vidéosurveillance.
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Le musée s’est engagé à investir environ 20 millions d’euros par an dans la sûreté jusqu’aux alentours de 2032, selon franceinfo. Il met en avant des grilles, des dispositifs anti-bélier et des caméras renforcées.




