Depuis le lundi 2 novembre 2026, trois pièces de la tenture de l’Apocalypse ont quitté leur galerie du château d’Angers pour un atelier de restauration installé dans le château. Le reste de l’œuvre reste visible du public pendant toute l’opération, qui doit durer au moins jusqu’à l’été 2027, selon le reportage d’ICI Mayenne publié le 4 novembre.
- Trois morceaux de la tenture ont été décrochés le 2 novembre 2026 pour être restaurés.
- Une équipe de cinq restauratrices y travaille jusqu’à l’été 2027 au moins.
- Le reste de la tapisserie reste exposé dans la galerie du château.
- L’œuvre est inscrite au registre Mémoire du monde de l’UNESCO depuis 2023.
Plan de l'article
Quelle œuvre est concernée ? #
La tenture de l’Apocalypse a été commandée par le duc Louis Ier d’Anjou, frère du roi Charles V, et tissée entre 1373 et 1382 environ. Le ministère de la Culture la décrit comme la plus grande et la plus ancienne tenture historiée conservée au monde : 67 tapisseries sur 104 mètres. Environ 500 m² subsistent des 840 m² d’origine.
Elle illustre l’Apocalypse de Jean, le dernier livre de la Bible, mais avec les armures, les costumes et les paysages du XIVe siècle. Le ministère y voit un véritable manuscrit géant tissé, conçu pour être déployé lors des grandes cérémonies et pour affirmer le prestige de son commanditaire.
Comment la tapisserie est-elle arrivée au château ? #
Son histoire passe par la cathédrale. Le roi René la lègue à la cathédrale Saint-Maurice d’Angers en 1474, et elle devient le joyau du trésor. Elle est classée monument historique en 1902, puis devient propriété de l’État en 1905.
Depuis 1952, un accord entre l’évêque d’Angers et l’État permet de la présenter en permanence dans une galerie construite pour elle au château, géré par le Centre des monuments nationaux. Elle reste pourtant affectée au culte, comme tout le trésor de la cathédrale. C’est la DRAC des Pays de la Loire qui en a la responsabilité.
Que font les restauratrices dans l’atelier ? #
ICI Mayenne a pu entrer dans l’atelier, une pièce sans fenêtre au cœur du château. Sur une longue table est déroulée la première pièce : un morceau de 4,50 mètres sur 2,20 mètres. L’équipe de cinq femmes est dirigée par Nathalie Schluck, conservatrice-restauratrice qui a déjà travaillé au château de Fontainebleau et au Louvre. Son équipe a remporté l’appel d’offres lancé par la DRAC.
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Le travail suit plusieurs étapes : décrochage, état des lieux, dépoussiérage, puis restauration avec des instruments proches des outils chirurgicaux. Une couture rompue entre deux zones de tissage, par exemple, est refermée avec un fil teint pour reproduire la couleur du fil d’origine, ce qui demande de longues recherches.
L’objectif principal est de stabiliser les zones fragiles en posant des supports, puis de poser un nouveau doublage pour protéger la tapisserie dans la galerie. Le précédent date d’une trentaine d’années. « Il y a une émotion particulière à travailler sur une tapisserie très ancienne et unique », confie Nathalie Schluck à ICI.
La tenture est-elle en mauvais état ? #
Non, répond la DRAC. Benjamin Carcaud, conservateur des monuments historiques, explique à ICI qu’une œuvre de plus de six cents ans « a besoin d’une aide » dès lors qu’elle est présentée au public. Ces gestes de restauration visent justement à lui permettre de continuer à être exposée.
La démarche n’est pas nouvelle. En 2023, le ministère de la Culture saluait déjà la DRAC comme étant à l’origine d’un protocole expérimental de conservation de la tapisserie, lors de l’inscription de l’œuvre au registre Mémoire du monde, le 18 mai 2023. Elle y rejoignait la broderie de Bayeux, inscrite depuis 2007.
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Peut-on encore la voir pendant les travaux ? #
Oui. Seules trois pièces sont à l’atelier, et le reste de la tenture reste accroché dans la galerie. Le domaine national du château d’Angers a accueilli 326 000 visiteurs en 2025, selon son service communication cité par ICI. Beaucoup viennent pour l’Apocalypse, notamment des Britanniques et des Américains.
Pour le visiteur, c’est l’occasion de voir l’œuvre à un moment particulier de son histoire. Au retour des trois pièces restaurées, la galerie retrouvera sa continuité. D’ici là, les absences rappellent ce qu’est vraiment ce décor : un textile vivant, qui se décroche, se soigne et se raccroche.
Comment préparer sa visite et ses photos ? #
Une tapisserie de cette longueur se lit comme un livre : scène après scène, en suivant le récit de l’Apocalypse de Jean. Mieux vaut prévoir du temps et s’arrêter devant chaque pièce, plutôt que de traverser la galerie d’un pas pressé.
Pour la photographie, les conditions d’accès et d’usage du flash sont fixées par le Centre des monuments nationaux : vérifiez-les sur place ou sur le site du château avant la visite. Un objectif lumineux et une main stable rendent souvent mieux justice aux couleurs et au relief du tissage qu’un éclair qui écrase les détails.
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Profitez aussi de la visite pour relier l’œuvre à son premier lieu : la cathédrale Saint-Maurice d’Angers, à qui le roi René l’a léguée en 1474.
Questions fréquentes #
Combien de temps dure la restauration ?
Elle a commencé le 2 novembre 2026 et doit durer au moins jusqu’à l’été 2027, d’après ICI Mayenne.
Qui pilote le chantier ?
La DRAC des Pays de la Loire, responsable de l’œuvre, a lancé l’appel d’offres. L’équipe est dirigée par la restauratrice Nathalie Schluck.
Combien de tapisseries compte la tenture ?
67 tapisseries sur 104 mètres de long, selon le ministère de la Culture.
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