Depuis quelques jours, les rubans tricolores réapparaissent dans les mairies. Le concours des Rubans du patrimoine, qui récompense les communes ayant restauré un édifice ancien, est entré dans sa phase des remises locales. Le 27 octobre, la chaîne TL7 a consacré un reportage à la chapelle Sainte-Anne de La Fouillouse, dans la Loire, distinguée quelques mois seulement après son inauguration. D’autres communes lauréates reçoivent leur prix ces semaines-ci.
C’est l’occasion de revenir sur un palmarès qui fait la part belle aux églises, aux chapelles et aux abbayes, ces monuments que l’on photographie depuis la place du village sans toujours savoir ce qu’il a fallu pour les sauver.
Plan de l'article
Un concours pensé pour les communes #
Les Rubans du patrimoine ne récompensent ni un architecte ni un propriétaire privé, mais une collectivité. Il faut que la commune ou l’intercommunalité ait porté la restauration d’un bâtiment et confié les travaux à des entreprises. Cette 32e édition est organisée par cinq partenaires : l’Association des maires de France, la Fédération française du bâtiment, la Fondation du patrimoine, la Fédération nationale des Caisses d’Épargne et le groupement français des entreprises de restauration de monuments historiques.
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Selon le palmarès publié par la Fédération française du bâtiment, 93 dossiers éligibles ont été déposés cette année. Les jurys régionaux en ont retenu 17 pour l’échelon national, qui a décerné six prix. Les jurys régionaux ont par ailleurs attribué 37 prix départementaux. La Fédération précise que les cérémonies régionales et départementales sont organisées localement au cours du second semestre 2026. C’est ce calendrier qui explique la série de remises de ces derniers jours.
Les critères du jury #
D’après Batiweb, le jury examine d’abord la valeur patrimoniale de l’édifice, puis la cohérence esthétique et architecturale de l’intervention. Il regarde aussi la qualité des matériaux et du savoir-faire mis en œuvre. Il pèse ensuite les retombées du projet, qu’elles soient sociales, économiques, culturelles, environnementales ou touristiques. L’audace du projet et la mobilisation locale entrent également en ligne de compte.
Cette année, un prix nouveau, baptisé « dynamisme environnemental », s’ajoute aux catégories habituelles. Il valorise l’intégration environnementale du chantier : biodiversité, matériaux locaux ou biosourcés, efficacité énergétique.
Le palmarès national, édifice par édifice #
L’église de Bredons, dans le Cantal
Dans la catégorie des communes de moins de 3 500 habitants, le prix national revient à Albepierre-Bredons pour la restauration de l’église de Bredons. Cette église rurale du Cantal illustre bien l’esprit du concours, car l’effort de restauration y repose sur une petite collectivité.
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L’abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives devenue cinéma
Chez les communes de 3 500 à 20 000 habitants, Saint-Pierre-en-Auge, dans le Calvados, est récompensée pour l’aile sud de l’abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives. L’aile a été restaurée et réaffectée en cinéma. Ce cas montre une piste de plus en plus suivie : redonner une fonction quotidienne à un bâtiment monastique pour qu’il continue d’être entretenu.
« La France Australe » à Nouméa
Pour les communes de plus de 20 000 habitants, le prix va à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie. La ville est distinguée pour la réhabilitation de l’immeuble « La France Australe ». La présence d’un édifice ultramarin au palmarès rappelle que le concours couvre l’ensemble du territoire.
Glacières et chapelle à Vanves, maison du Mouton à Romans
Le prix spécial du jury distingue Vanves, dans les Hauts-de-Seine, pour la restauration des glacières et de la chapelle du parc Pic. Ce patrimoine discret, souvent ignoré des promeneurs, rappelle comment on conservait la glace avant la réfrigération. Le prix « dynamisme territorial » récompense Romans-sur-Isère, dans la Drôme, pour la restauration de la maison du Mouton.
Un ancien tribunal reconverti à Baugé-en-Anjou
Enfin, le tout nouveau prix « dynamisme environnemental » revient à Baugé-en-Anjou, dans le Maine-et-Loire. L’ancien tribunal de grande instance y a été réhabilité pour devenir une Maison du citoyen connecté.
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Pourquoi ces prix comptent pour le patrimoine local #
Une distinction de ce type ne finance pas les travaux, qui sont déjà terminés quand le dossier est présenté. Elle donne en revanche une visibilité à des chantiers souvent longs et coûteux pour des communes modestes. Elle met aussi en avant les artisans qui ont taillé la pierre, refait les charpentes ou reposé les couvertures. Pour les élus qui hésitent à engager la restauration d’une chapelle ou d’une église en mauvais état, ces exemples montrent ce qu’il est possible de faire.
Pour le visiteur et le photographe, le palmarès est aussi une liste de lieux à découvrir. Une chapelle fraîchement restaurée, comme celle de La Fouillouse, se découvre souvent sous un jour qu’on ne lui connaissait plus depuis des décennies : enduits repris, menuiseries refaites, abords dégagés. De quoi justifier un détour lors d’une prochaine sortie.




